Gianluigi Bocelli

Pourquoi commence-t-on à créer, à écrire de la musique, à sentir ce besoin de la partager avec le monde? Pour moi, cela est venu de façon spontanée, une nécessité soudaine : des bribes de poésie qu’il fallait exprimer, une beauté qui pressait pour être communiquée et partagée. Beauté et poésie, on en a tant besoin : beauté du son, du chant, émerveillement, et poésie comme moyen de transcendance, comme puissance de création qui ouvre des espaces intérieurs, permet l’imagination, l’évocation, le contact avec ce qui est autre. Sogni (Rêves) a pris peu à peu la forme d’un flux musical qui oscille entre des images oniriques, des chants et des atmosphères harmoniques lointaines et suspendues, parfois se rapprochant d’états de veille ou de prière.

L’inspiration pour certains morceaux vient du monde infantile, des jeux des petits, de mes enfants et de mon regard de père (Livio, Jouets, Elyon, Ninnalananna) tandis qu’avec d’autres pièces j’étudie mon rapport à la nostalgie, surtout à celle pour mon pays, l’Italie (Ciel blanc, Soleil d’octobre, Lac – j’ai présenté cette suite sur les ondes de la RSI pour le programme Mixtape.) Enfin certains morceaux naissent d’images ou de lumières, d’une recherche dans des ambiances nocturnes et magiques (La couleur de la pluie, Berceuse, Luciole…).

Mon point de départ comme compositeur découle de mon expérience comme guitariste interprète du répertoire classique, surtout impressionniste et contemporain. Dans mon langage cela a pris des tournures qui courtisent volontiers les musiques actuelles : le jazz, le soundscaping/ambient, le rock psychédélique, la musique minimaliste. C’était pour moi une évidence, donc, de présenter ces morceaux comme un panorama sonore issu et ancré dans la contemporanéité, en les jouant en version électrifiée avec ma guitare et des effets pour transformer le son ou créer des loops.

Toutefois, ce programme est tout aussi riche et convaincant dans sa version acoustique, que je présente sur la guitare classique . Je reviens alors à ma source première de création, à la racine du métier de musicien : une personne, son monde intérieur et sa sensibilité, avec au bout de ses doigts un instrument en bois et quelques cordes pour exprimer et communiquer. Les trésors de la guitare se révèlent: la précision émotionnelle, la volupté de la texture timbrique, un climat sonore intime aux nuances précieuses.

1. Cieli bianchi
2. Sole d’ottobre
3. Sole d’ottobre – riflessi
4. Lago

5. Lucciola
6. Livio
7. Livio’s blues

8. Elyon
9. Ninnalananna
10. Onde

11. Il colore della pioggia
12. Berceuse

Sogni sort ce printemps !
Enregistré chez Lara Persia au Studio Lemura, le disque sortira chez Urgence Disk Records (KAB
400) et comme Gibidì Records (Gianluigi Bocelli Dischi – GBD1).

Sogni est un choix de morceaux que j’ai composés pour la guitare pendant les dix dernières années. Un flux musical qui oscille entre des images oniriques, des chants et des atmosphères harmoniques lointaines et suspendues. J’ai choisi d’enregistrer ce répertoire en version électrique en toute simplicité et pureté avec ma Fender Stratocaster, un amplificateur Fender Deville et
quelques effets utilisés avec économie, pour augmenter ce son de base.

La première suite parle de nostalgie. Elle est composée de procédés que je puise dans la musique baroque. Cieli Bianchi est un prélude où je recherche l’atmosphère de mon enfance à Como, la main de mon grand-père qui m’amenait à mes leçons de guitare dans la rue Borgovico. En Sole d’ottobre et son frippertronic Riflessi j’évoque la douceur de la lumière automnale, la friction entre les derniers moments de soleil en extérieur et le goût, protégé, des intérieurs de maison. Brunate qui s’allume au coucher du soleil, ma mère qui prépare le café et mon père qui dessine au salon. Lago est une passacaille, un motif qui revient sans cesse : les questions insolubles de la nostalgie, la tension entre la lumière et les abîmes dans le reflet des vagues du lac.

Les deux nocturnes suivantes sont parmi mes plus vieilles compositions. Lucciola est une
recherche dans la création d’ambiances féerique, un cadeau pour mon épouse Pauline ; Livio est une petite chanson simple et poétique que j’ai écrit à la naissance de mon premier fils, et son blues rend hommage au grunge des années ’90.

Dans la troisième suite, je collecte des souvenirs d’une grande luminosité. Elyon est un portrait de mon deuxième fils, évoquant à la fois sa douceur et sa grande vivacité. Ninnalananna est un thème populaire baroque qui se transfigure dans l’oubli, se réinvente et s’improvise chanson. Cela deviendra ma berceuse de tous les soirs pour mes garçons. Onde sont les vagues de la mer toscane, éclatantes et hypnotiques au coucher du soleil ; le temps passé à leur courir après avec mes enfants et à s’y plonger.

Dans le final se succèdent deux pièces atmosphériques : Il Colore della pioggia, une séquence d’accords arpeggiata à la manière baroque avec un chant superposé ; et enfin Berceuse, une lueur onirique qui traverse la frontière entre l’état de veille et de rêve.

Sogni è una selezione dei brani che ho composto per la chitarra negli ultimi dieci anni. Un flusso musicale che oscilla tra immagini oniriche, canti e atmosfere armoniche lontane e sospese. Ho scelto di registrare questo repertorio in versione elettrica, in semplicità e purezza con la mia Fender Stratocaster, un
amplificatore Fender Deville e alcuni effetti usati con parsimonia per aumentare questo suono di base.

La prima suite parla di nostalgia ed è composta con procedimenti che attingo dalla musica barocca. Cieli Bianchi è un preludio in cui cerco l’atmosfera della mia infanzia a Como, la mano di mio nonno che mi portava alle lezioni di chitarra in Borgovico. In Sole d’ottobre e nel suofrippertronic Riflessi evoco la dolcezza della luce autunnale, l’intrecciarsi degli ultimi momenti di sole all’aperto e il gusto, protetto, degli interni domestici. Brunate che si illumina al tramonto, mia madre che prepara un caffè e mio padre che disegna in salotto. Lago è una passacaglia, un motivo che ricorre incessantemente: le  omande irrisolte della nostalgia, la tensione tra la luce e gli abissi nel riflesso delle onde del lago.

I due notturni qui presenti sono tra le mie composizioni di più vecchia data. Lucciola è una ricerca nella creazione di atmosfere fatate, un regalo per mia moglie Pauline; Livio è una canzone semplice e poetica che ho scritto alla nascita del mio primo figlio e il suo blues è un omaggio al grunge degli anni ’90.

Nella terza suite raccolgo dei ricordi pieni di luce. Elyon è un ritratto del mio secondo figlio, in tutta la sua dolcezza e vivacità. Ninnalananna è un tema popolare barocco che si  rasfigura nell’oblio, si reinventa e si improvvisa canzone. Diventerà la ninnananna di tutte le sere per i miei bambini. Onde sono quelle del mare toscano, brillanti al tramonto, ipnotiche, e i giochi con i miei figli a tuffarsi e rincorrerle.

Nel finale si susseguono due rani più atmosferici: Il Colore della pioggia, una sequenza di accordi arpeggiata in stile barocco con un canto sovrapposto; infine Berceuse, essenziale, un bagliore onirico che attraversa il confine tra veglia e sogno.

Sogni is a selection of pieces I have composed for guitar over the last ten years. A musical flow oscillating between dreamlike images, distant songs and suspended harmonic atmospheres. I chose to record this repertoire in an electric version, in all its simplicity and purity, with my Fender Stratocaster, a Fender Deville amplifier and a few effects used sparingly to enhance this basic sound.

The first suite is about nostalgia and is composed using techniques I draw from Baroque music. Cieli Bianchi is a prelude in which I look for the atmosphere of my childhood in Como, my grandfather’s hand
taking me to guitar lessons in Borgovico. Sole d’ottobre and its frippertronic Riflessi, I talk about the sweetness of autumn lights, the intertwining of the last moments of sunshine outdoors and the protected comfort of the home. Brunate lighting up at sunset, my mother making coffee and my father drawing in the living room. Lago is a passacaglia, a motif that recurs incessantly: the unresolved questions of nostalgia, the tension between light and the depths reflected in the waves of the lake.

The following two nocturnes are among my oldest compositions. Lucciola is an exploration into the creation of fairy-tale atmospheres, a gift for my wife Pauline. I wrote Livio when my first son was born, and it is a simple, poetic little song. Its blues is an homage to the grunge of the 1990s.

In the third suite I collect memories of great brightness. Elyon is a portrait of my second son, in all his sweetness and liveliness. Ninnalananna is a popular Baroque theme transfigured into oblivion, reinvented and improvised as a song. It will become the recurring lullaby for my children. Onde are the waves of the Tuscan sea, shimmering and hypnotic at sunset, and all the time spent chasing them and diving with my
children.

In the finale, two rather atmospheric pieces follow one another: Il Colore della pioggia, an arpeggiata sequence of chords in Baroque style with overlapping vocals; and finally Berceuse, very essential, a dreamlike glow that crosses the border between wakefulness and sleep.